La balle frappe la vitre du fond, revient dans le terrain, et le point continue : ce rebond sur le verre est tout ce qui sépare le padel du tennis, et il se joue en France sur 2 917 pistes au dernier bilan de la Fédération française de tennis. Le recensement des équipements sportifs du ministère des Sports, lui, en déclare 828.
Les deux chiffres sont justes. Ils comptent des choses différentes, et l’écart entre eux en apprend plus sur le padel français que chacun pris seul.
- 2 917 pistes et 959 clubs ou structures, 40 % de pistes de plus qu’un an auparavant (FFT)
- 828 pistes seulement au recensement des équipements sportifs de l’État, réparties sur 390 sites (RES)
- 100 000 licences « padel » sur une saison, contre 70 500 la précédente (FFT)
- 250 000 licenciés de la fédération jouent au padel, pour 500 000 pratiquants estimés (FFT)
- 38 371 courts de tennis en France, contre 1 381 salles de squash et 828 pistes de padel (RES)
- 12 départements sans aucune piste recensée, quand les Pyrénées-Orientales en ont 5,8 pour 100 000 habitants (RES)
- 21 à 43 € l’heure de terrain, soit 5,30 à 10,70 € par joueur (grilles publiques de quatre clubs)
L’État en recense 828, la fédération en compte 2 917
Le recensement des équipements sportifs enregistre ce que les propriétaires déclarent, comme les y oblige l’article L. 312-2 du code du sport. Son angle mort se lit dans ses propres colonnes. Sur les 828 pistes qu’il porte, 504 appartiennent à une commune, 27 à une intercommunalité, 55 à une association, et 198 seulement à un établissement privé commercial. Six pistes sur dix sont municipales.
La fédération, elle, compte des « clubs et structures privées ». Le padel se construit surtout dans des centres montés vite par des exploitants qui ouvrent avant de remplir un formulaire préfectoral. Le fichier public voit la moitié municipale du parc et rate l’autre. Il en tient 28 %, soit 2 089 pistes de moins que le décompte fédéral.
Retenir l’un ou l’autre change le parc du simple au triple et demi. Un chiffre de padel sans le nom de son producteur ne vaut rien.
Une piste de padel pour quarante-six courts de tennis
Au même recensement, et donc au même exercice, la France aligne 38 371 courts de tennis, 1 381 salles ou terrains de squash et 828 pistes de padel. Rapportée aux 333 645 équipements sportifs du fichier, la piste de padel pèse 0,25 % du parc national : un équipement sur quatre cents.
La comparaison des surfaces déclarées explique la suite. Une piste de padel occupe en moyenne 271 m² dans le fichier, un court de tennis 772 m². Le rapport est de 2,8. Sur l’emprise déclarée d’un seul court de tennis, un club en pose presque trois, et il les remplit à quatre joueurs au lieu de deux.
Face au squash, qui a connu la même mode il y a une génération, le padel a déjà rattrapé 60 % du parc.
Deux pistes sur trois sont posées dans un club de tennis
Le fichier permet de vérifier d’où sort le parc. Sur les 390 sites qui portent au moins une piste, 287 hébergent aussi au moins un court de tennis, soit 74 % d’entre eux. Ils totalisent 1 932 courts de tennis, et 563 des 828 pistes recensées s’y trouvent.
Le padel arrive par extension d’installations existantes plutôt que par créations isolées, et le format s’en ressent. Sur les 390 sites, 164 n’ont qu’une piste et 148 en ont deux, soit 80 % du total. Les gros centres restent l’exception, deux sites seulement dépassant les quatorze pistes.
La fédération revendique 7 000 clubs affiliés ; 959 proposent du padel. Un club de tennis sur sept a franchi le pas.
Près d’une piste sur deux a moins de cinq ans
Sur les cinq dernières années, 372 des 828 pistes du recensement ont été mises en service : 45 % du parc public est récent. Le décompte fédéral va dans le même sens, avec 40 % de pistes et 25 % de clubs de plus en un an.
Les licences montent au même rythme. La fédération a délivré 100 000 licences « padel » sur une saison contre 70 500 la précédente, soit 42,7 % de plus, et compte 250 000 licenciés qui jouent au padel une fois les multi-raquettes ajoutés. Elle dépasse 1 200 000 licenciés toutes disciplines, ce qui en fait la deuxième fédération française derrière le football.
Ramené au parc, cela donne 86 licenciés joueurs de padel par piste, et une piste pour 23 500 habitants.
Douze départements n’ont aucune piste recensée
La densité nationale est de 1,21 piste pour 100 000 habitants, et elle ne décrit à peu près aucun département. Les Pyrénées-Orientales en affichent 5,84, presque cinq fois la moyenne, pour un département de moins de 500 000 habitants. Dix départements concentrent 334 des 828 pistes, soit 40 % du parc recensé.
| Département | Pistes recensées (RES) | Habitants (INSEE) | Pistes pour 100 000 hab. |
|---|---|---|---|
| Pyrénées-Orientales | 29 | 496 855 | 5,84 |
| Drôme | 16 | 524 207 | 3,05 |
| Alpes-Maritimes | 34 | 1 140 455 | 2,98 |
| Hérault | 33 | 1 230 289 | 2,68 |
| Var | 29 | 1 119 307 | 2,59 |
| Haute-Garonne | 38 | 1 471 468 | 2,58 |
| Bouches-du-Rhône | 54 | 2 253 215 | 2,40 |
| Nord | 42 | 2 615 635 | 1,61 |
| France entière | 828 | 68 696 341 | 1,21 |
À l’autre bout, douze départements n’ont aucune piste au fichier. Le Doubs, l’Eure-et-Loir, les Vosges, le Cher, la Guadeloupe : 3,47 millions d’habitants sans un seul terrain déclaré.
Le padel reste un équipement du Midi et des métropoles. La Méditerranée d’abord, où il est arrivé d’Espagne, puis les grandes agglomérations du Nord et de l’Ouest.
Une heure de terrain coûte de 21 à 43 euros
Le prix s’affiche par terrain et se paie par joueur. Quatre grilles publiques relevées d’Angers à Aix-en-Provence donnent 21 à 32 € l’heure de terrain en heures creuses, 32 à 43 € en heures pleines. Divisé par quatre, cela fait 5,30 à 8 € par joueur le matin, 8 à 10,70 € le soir et le week-end.
| Club (grille publique) | Heure creuse, € le terrain | Heure pleine, € le terrain | Heure pleine, € par joueur |
|---|---|---|---|
| Angers Padel | 24,00 | 32,00 | 8,00 |
| Z5 Padel, Aix-en-Provence (extérieur) | 21,30 | 32,00 | 8,00 |
| PADEL3 | 28,00 | 40,00 | 10,00 |
| Le Court, Hyères (couvert) | 32,00 | 42,70 | 10,70 |
Chez le seul club du relevé qui affiche les deux, le couvert se paie 14 € par joueur contre 12 € dehors sur un créneau identique, soit 17 % de plus. Les abonnements coupent ensuite la facture : 75 € pour six mois donnent 25 % de remise dans un club varois, 34 € par mois ouvrent le jeu illimité dans un club angevin.
Autour, les à-côtés sont modestes : 2 € la location d’une raquette, 6 € le tube de trois balles. Ramenée à l’année et partagée à quatre, la facture se calcule vite.
120 € pour s’équiper, 400 € pour jouer une fois par semaine
La raquette fait l’essentiel du budget de départ, et son éventail est large. Le relevé de prix de guide-padel.fr, qui suit les modèles vendus en ligne gamme par gamme, étale les raquettes de 35 € pour une première raquette de grande surface à 380 € pour le haut de gamme, avec un milieu de gamme qui se tient entre 130 et 190 €.
Le reste tient en peu de lignes : 80 à 130 € une paire de chaussures à semelle de padel, 6 € le tube de trois balles sous pression, qui garde son rebond trois à quatre parties et se ramollit en deux semaines une fois ouvert.
Compter 120 € pour commencer avec une raquette d’entrée de gamme. Une partie par semaine en heure pleine coûte 416 € sur l’année : le terrain pèse plus de trois fois l’équipement.
Un parc qui se compte mal parce qu’il se construit vite
Deux comptages, 2 089 pistes d’écart, et aucun des deux n’est faux. C’est ce que produit un équipement qui s’installe plus vite que la déclaration administrative censée le suivre, et l’écart est au fond la mesure la plus honnête de la vitesse.
Le reste des chiffres tient dans une arithmétique de mètres carrés et d’heures. Presque trois pistes sur l’emprise déclarée d’un court de tennis, quatre joueurs qui se partagent une facture de 32 à 43 € l’heure là où le tennis en fait payer deux, et un tarif par joueur qui descend sous 6 € dès qu’on joue le matin. Les 563 pistes posées dans des sites qui gardent leurs courts de tennis montrent que le calcul a déjà été fait, club par club.