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Combien de salles de cinéma en France, et combien d'entrées

2 053 établissements pour 6 355 écrans : le nombre de cinémas en France change selon ce qu'on compte. Les entrées, la couverture des communes, la densité par département.

Fabien Mauduit 7 min de lecture

Rangée de fauteuils rouges rabattus dans une salle de cinéma vide, éclairée par les veilleuses au sol

Vous poussez la porte d’un cinéma, vous prenez votre billet, vous entrez dans la salle : le bâtiment est l’un des 2 053 établissements cinématographiques actifs que recense le CNC en France hexagonale, la salle l’un des 6 355 écrans qu’ils abritent. Les deux nombres ne mesurent pas la même chose.

Un multiplexe compte pour un établissement et pour douze ou quatorze écrans. Le nombre de cinémas en France et le nombre de salles de cinéma sont donc deux chiffres séparés par un facteur trois. Savoir lequel on cherche revient à savoir ce qu’on veut compter : des lieux où aller voir un film, ou des séances pouvant se tenir en même temps.

  • 2 053 établissements actifs en France hexagonale, 25 de plus dans les départements et régions d’outre-mer
  • 6 355 écrans, soit 3,1 par établissement en moyenne
  • 1,13 million de fauteuils, un pour 59 habitants
  • 181,5 millions d’entrées, soit 2,73 par habitant
  • 1 684 communes équipées d’au moins une salle, sur 34 820
  • 1 290 cinémas classés Art et Essai, 62,8 % du parc
  • 251 multiplexes, 12,2 % des établissements et 56,7 % des entrées
  • 7,42 € de recette moyenne par entrée, 16 123 salariés dans l’exploitation

Un établissement, une salle, un écran : ce que chaque mot compte

Dans le vocabulaire du CNC, une salle est un écran. « 6 355 salles de cinéma » et « 6 355 écrans » désignent le même objet, ce qui explique une bonne partie des chiffres contradictoires qui circulent. L’établissement, lui, est le lieu : une adresse ayant transmis au moins un bordereau de recettes dans l’année.

Deux précautions s’ajoutent avant de citer 2 053. D’abord, 116 de ces établissements sont des circuits itinérants, c’est-à-dire des tournées qui projettent dans une salle des fêtes ou un préau, sans bâtiment dédié. Retirez-les, il reste 1 937 cinémas en dur dans l’Hexagone. Ensuite, le chiffre s’arrête aux frontières de la métropole : l’outre-mer ajoute 25 établissements et 86 écrans, dont un circuit itinérant en Martinique.

Trois réponses coexistent donc, toutes justes. 2 078 établissements sur l’ensemble du territoire. 2 053 pour l’Hexagone seul. 1 961 si l’on ne garde que les cinémas installés dans un bâtiment.

Un cinéma sur deux n’a qu’un écran, et pèse 9 % des entrées

Le mono-écran domine le parc français en nombre : 1 113 établissements, plus de la moitié du total. En fréquentation, il ne pèse presque rien.

Taille de l’établissementNombre% du parc% des entrées
1 écran1 11354,29,1
2 et 3 écrans43321,112,6
4 et 5 écrans1527,410,3
6 et 7 écrans1045,111,3
8 à 11 écrans1406,823,5
12 écrans et plus1115,433,2

Source : CNC, France hexagonale, dernier exercice publié.

Les 251 multiplexes, définis par le CNC comme les établissements de huit écrans ou plus, concentrent 56,7 % des entrées. La bascule s’est faite sur dix ans par le haut du tableau : le nombre d’établissements de 8 à 11 écrans a progressé de 30,8 %, tandis que les mono-écrans reculaient de 47 unités. Le parc a gagné 614 écrans sur la période pour 20 établissements de plus.

1 684 communes équipées d’un cinéma, sur 34 820

Une commune française sur vingt possède au moins une salle en activité, soit 4,8 % d’entre elles. Ces 1 684 communes abritent 32,5 millions d’habitants, un peu moins de la moitié de la population.

La couverture suit la taille de la ville de façon presque mécanique. Toutes les communes de 100 000 habitants et plus ont un cinéma, sans interruption depuis plus de vingt-cinq ans. Parmi les 83 communes de 50 000 à 100 000 habitants, une seule n’en a pas : Sevran, en Seine-Saint-Denis, dont l’unique salle de quatre écrans a fermé il y a plus de dix ans. En dessous, la proportion s’effondre : 81,3 % des communes de 20 000 à 50 000 habitants, 56,7 % de celles de 10 000 à 20 000, et 2,9 % seulement des communes de moins de 10 000 habitants.

Raisonné en agglomérations plutôt qu’en communes, le tableau change. 938 unités urbaines sur 2 411 sont équipées, et elles rassemblent 69 % de la population : deux Français sur trois ont un cinéma dans leur agglomération.

Un fauteuil pour 59 habitants, de 32 en Savoie à 108 dans l’Allier

Les cinémas fixes offrent 1,13 million de fauteuils, un pour 59 habitants. Pour 70 départements, ce rapport tient entre un fauteuil pour 30 habitants et un pour 70. L’équipement du territoire est donc homogène, et les écarts qui subsistent tiennent surtout au tourisme.

La Savoie arrive en tête avec un fauteuil pour 32 habitants, devant les Hautes-Alpes, Paris et la Corse-du-Sud, tous à un pour 33. À l’autre bout, l’Allier plafonne à un pour 108. Le détail département par département est publié par le CNC avec les entrées et l’indice de fréquentation.

Deux moyennes se déplacent en sens contraire, et c’est le signe le plus net de ce qui arrive au parc. Un établissement fixe compte 583 fauteuils, contre 561 dix ans plus tôt. Une salle n’en compte plus que 181, contre 192. Les cinémas grossissent pendant que les salles rétrécissent.

181,5 millions d’entrées, 2,73 par habitant, 8,03 à Paris

La fréquentation atteint 181,5 millions d’entrées pour 8,58 millions de séances, soit 21,2 entrées par séance en moyenne. Elle progresse de 0,6 % sur un an, mais reste 12,7 % en dessous de la moyenne d’avant la crise sanitaire. Le retard se loge entièrement dans les grands complexes : les cinémas de 12 écrans et plus perdent 24,3 % par rapport à cette référence, quand ceux de 6 et 7 écrans n’en perdent que 2,5 %.

L’indice de fréquentation, qui rapporte les entrées à la population, vaut 2,73 au niveau national. Vingt-quatre départements font mieux. Paris atteint 8,03, parce qu’il draine les spectateurs des départements voisins ; à l’opposé, l’Ariège tombe à 1,25. Dix-sept départements réalisent à eux seuls plus de la moitié des entrées françaises.

Un billet rapporte en moyenne 7,42 € à l’exploitant, taxes comprises. Le tarif grimpe avec la taille de l’agglomération. Les circuits itinérants, eux, encaissent 4,28 € par entrée.

Près de deux cinémas sur trois sont classés Art et Essai

1 290 établissements portent le classement Art et Essai, soit 62,8 % du parc. Ils totalisent 2 860 écrans, 45 % du total : ce sont donc, en moyenne, de petits cinémas, 2,2 écrans chacun contre 4,6 pour les non classés, et 55,3 % d’entre eux n’ont qu’une salle.

Le classement ne se limite pas aux cinémas de quartier. 47 multiplexes le détiennent, près d’un sur cinq. Les établissements classés programment 39,7 % des séances françaises. La densité du réseau Art et Essai a progressé sur dix ans, d’un fauteuil pour 156 habitants à un pour 142.

La France fait 28 % des entrées de l’Union européenne pour 15 % de sa population

PaysEntrées (millions)Entrées par habitant
France181,32,7
Allemagne90,11,1
Italie73,11,2
Espagne70,91,5
Union européenne6401,4

Sources : Observatoire européen de l’audiovisuel pour les entrées, Eurostat pour la population.

Un Français va deux fois plus souvent au cinéma qu’un habitant moyen de l’Union, et deux fois et demie plus souvent qu’un Allemand. Rapportés aux 66,5 millions d’habitants de l’Hexagone, les 6 355 écrans français donnent 9,6 écrans pour 100 000 habitants. Le CNC place la France au premier rang européen sur ce critère, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il de salles de cinéma en France ? 6 355, plus 86 outre-mer. Attention au mot : dans les statistiques officielles, une salle est un écran, pas un établissement.

Combien de cinémas ouvrent et ferment chaque année ? 27 ouvertures ou réouvertures contre 32 fermetures sur le dernier exercice publié. La moyenne de la décennie tourne autour de 32 ouvertures pour 29 fermetures par an.

Où va-t-on le plus au cinéma en France ? À Paris, avec 8,03 entrées par habitant et 17,4 millions d’entrées. Le Rhône et la Loire-Atlantique suivent, autour de 3,5.

Combien de personnes travaillent dans les cinémas ? 16 123 salariés dans l’exploitation cinématographique, dont 10 288 en contrat à durée indéterminée, et un peu plus de la moitié de femmes.

Ce que ces chiffres disent ensemble

Le parc français ne grandit plus en nombre de cinémas, vingt établissements de plus en dix ans, mais en nombre d’écrans, 614 de plus sur la même période. La concentration se lit dans chaque tableau : 251 multiplexes prennent 56,7 % des entrées, 1 113 mono-écrans en prennent 9,1 %.

Et pourtant les petites salles tiennent. Elles restent la moitié du parc. Elles affichent la meilleure moyenne d’entrées par séance de tout le réseau, 26,8 contre 21,2, ce qui ressemble moins à un hasard qu’à un public qui vient pour un rendez-vous plutôt que pour une sortie de galerie marchande. Et près des deux tiers des cinémas français vivent avec un classement Art et Essai qui leur ouvre un guichet d’aides. C’est cette mécanique-là, davantage que le nombre d’écrans, qui explique qu’un pays aussi densément équipé conserve autant de cinémas d’un seul écran.

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