Aller au contenu

Salaire d'un aide-soignant : la grille, et ce qui s'y ajoute

Le salaire d'un aide-soignant part de 1 836 € brut au premier échelon et plafonne à 2 757 € au sommet du second grade. La grille, les vingt-cinq ans qu'il faut pour la parcourir, les primes qui s'y ajoutent, et ce que le salaire moyen publié compte au juste.

Fabien Mauduit 9 min de lecture

Un chariot de soins en inox garé contre un mur de couloir carrelé, tiroirs entrouverts.

« Je suis au septième échelon après douze ans d’hôpital et je touche 1 860 € net. C’est la grille, ou il manque une ligne sur ma paie ? » La question est arrivée telle quelle. C’est la grille : au septième échelon, un aide-soignant de classe normale perçoit 2 112 € de traitement brut, plus 241 € de complément Ségur, ce qui laisse 1 859 € net avant impôt. Rien ne manque. Le salaire d’un aide-soignant se lit sur deux lignes de bulletin, et la seconde pèse presque autant que vingt années passées sur la première.

Les chiffres à retenir sur le salaire d’un aide-soignant

  • Classe normale : 1 836 € à 2 545 € brut par mois, du premier au onzième échelon
  • Vingt-cinq ans et demi pour parcourir ces onze échelons
  • Progression moyenne : 28 € brut de plus par mois et par année d’ancienneté
  • Complément de traitement indiciaire : 49 points d’indice, soit 241 € brut et 183 € net
  • Prime spéciale de sujétion : 10 % du traitement brut ; prime forfaitaire : 15,24 €
  • Prime grand âge en gériatrie publique : 118 € brut, 100 € net
  • Salaire net moyen mesuré à l’hôpital public : 2 336 €, contre 1 815 € dans le privé lucratif
  • Sommet du second grade : 2 757 € brut, environ 2 370 € net complément compris

La grille compte onze échelons et vingt-cinq ans et demi

Le corps des aides-soignants hospitaliers, reclassé en catégorie B, compte deux grades. La classe normale en couvre l’essentiel : onze échelons, du premier à l’indice majoré 373, soit 1 836 € brut, au onzième à l’indice 517, soit 2 545 €.

Entre les deux, vingt-cinq ans et demi. Les deux premiers échelons durent dix-huit mois, les deux suivants deux ans, le cinquième deux ans et demi, les quatre d’après trois ans, le dixième quatre. Les marches s’espacent à mesure qu’elles grandissent.

Échelon de classe normaleIndice majoréTraitement brut mensuelAncienneté cumulée
1er3731 836 €à l’entrée
3e3771 856 €3 ans
5e4011 974 €7 ans
7e4292 112 €12 ans et demi
9e4612 269 €18 ans et demi
11e5172 545 €25 ans et demi

Le bas de la grille mérite un repère : vingt euros séparent le premier échelon du troisième. Ces lignes sont tassées contre le minimum de traitement, relevé chaque fois que le SMIC bouge. Les trois premières années ne rapportent presque rien.

Une année d’ancienneté vaut 28 € brut, la prime Ségur en vaut huit

709 € brut séparent l’entrée du sommet de la classe normale, soit 39 % de plus au terme de vingt-cinq ans et demi. Ramenée à l’année, la marche vaut 28 € brut par mois, un peu plus de 22 € net.

Ce nombre donne l’échelle de tout le reste. Le complément de traitement indiciaire issu du Ségur pèse 183 € net par mois : à lui seul, il équivaut à huit années d’ancienneté, et il a été versé d’un coup, à tous, sans condition d’échelon ni de grade. Une majoration de nuit régulière fait mieux encore.

L’ancienneté reste le levier le plus lent d’une fiche de paie hospitalière. Le poste occupé et les horaires travaillés la déplacent plus vite, et une négociation nationale tous les vingt ans davantage encore.

L’outil ci-dessous empile les lignes d’une paie à partir d’un échelon. Le net est une estimation avant impôt sur le revenu, aux taux de cotisation d’un agent titulaire.




Ce qui s’ajoute à la grille, et la seule ligne qui compte pour la retraite

Le complément Ségur d’abord : 49 points d’indice majoré, à 4,92278 € le point, soit 241 € brut et 183 € net. Il suit la valeur du point et compte pour la retraite, deux propriétés étrangères aux indemnités ordinaires.

Viennent ensuite deux lignes facultatives, que l’établissement verse sur délibération de son conseil de surveillance : la prime spéciale de sujétion, 10 % du traitement brut indiciaire, soit 184 € au premier échelon et 255 € au onzième, et la prime forfaitaire mensuelle de 15,24 €.

Le reste dépend du poste occupé. Une heure travaillée entre 21 heures et 6 heures est majorée de 25 % de la rémunération horaire, ce qui indexe la nuit sur l’ancienneté. Un dimanche ou un jour férié rapporte 60 € brut pour huit heures. Un poste en EHPAD, en unité de soins de longue durée ou en gériatrie ouvre la prime grand âge, 118 € brut et 100 € net.

Un aide-soignant de nuit en EHPAD public cumule ainsi trois lignes qu’aucune grille n’annonce, pour un total supérieur à la moitié de ce que la carrière entière apportera.

Le salaire moyen publié compte deux métiers dans la même ligne

La DREES mesure 2 184 € net par mois en équivalent temps plein dans les établissements de santé. Le libellé exact de sa ligne est « aides-soignants et agents de service hospitalier » : deux qualifications, une seule moyenne. Les agents de service n’ont pas de diplôme d’État et démarrent plus bas, ce qui tire le nombre vers le bas.

Une moyenne d’agrégat se paie toujours de cette approximation : les nomenclatures statistiques ne suivent pas les frontières des métiers. Le montant reste utile comme ordre de grandeur, à condition de savoir ce qu’il recouvre. Sur la même enquête, les infirmiers sont mesurés à 2 755 €, soit 571 € de plus, et le salaire médian français se situe juste au-dessus de la moyenne des aides-soignants.

Cinq cents euros séparent l’hôpital public de la clinique privée

La même mesure se décompose par secteur : 2 336 € net dans le public, 1 891 € dans le privé à but non lucratif, 1 815 € dans le privé lucratif. Entre le premier et le dernier, 521 €, soit 29 %.

L’écart ne se lit pas comme une différence de paie à poste égal. Il mélange trois effets : une ancienneté moyenne plus élevée à l’hôpital public, un complément Ségur de 183 € net dans le public et l’associatif contre 160 € dans le privé lucratif, et des sujétions mieux payées côté public.

Le partage compte, parce que la moitié de la profession travaille ailleurs qu’à l’hôpital public. Sur 423 500 aides-soignants recensés, 48 % exercent à l’hôpital public, 12 % en hôpital privé, 14 % dans un établissement médico-social public et 18 % dans un établissement médico-social privé, dont les EHPAD. Un aide-soignant sur trois relève donc d’une convention collective, pas d’une grille indiciaire.

Questions fréquentes sur le salaire d’un aide-soignant

Combien gagne un aide-soignant débutant, net ? Environ 1 640 € net avant impôt : 1 836 € de traitement et 241 € de complément Ségur, primes de poste exclues. Un poste de nuit ou en gériatrie ajoute 100 à 300 €.

Que devient la paie à temps partiel ? Un 80 % est payé six septièmes du traitement, soit 85,7 %, et un 90 % trente-deux trente-cinquièmes, soit 91,4 %. Les quotités plus courtes sont payées au prorata exact.

Jusqu’où monte la carrière ? La classe supérieure va de 1 905 € à 2 757 € brut en onze échelons et vingt-cinq ans. Un an d’ancienneté au cinquième échelon suffit à devenir promouvable, selon le statut particulier du corps.

Le complément Ségur compte-t-il pour la retraite ? Oui, contrairement aux primes ordinaires : il prend la forme de points d’indice, cotisés comme le traitement.

Gagne-t-on plus en EHPAD ? En EHPAD public, la prime grand âge ajoute 100 € net. En EHPAD privé lucratif, la moyenne mesurée est inférieure de 521 € à celle de l’hôpital public.

Ce que ces chiffres disent ensemble

La grille porte le nom du métier et la reconnaissance du diplôme, et c’est pourtant elle qui bouge le moins : 28 € par année d’ancienneté, trois premiers échelons écrasés contre le minimum de la fonction publique. Les lignes qui font varier une paie tiennent au poste occupé, un complément décidé une fois pour toutes, une majoration horaire, une prime attachée au public accueilli.

Un dernier repère, qui résistera mieux au temps que les montants : traitement et complément Ségur seuls, un aide-soignant n’atteint le salaire médian des salariés français qu’au dernier échelon de sa classe normale, après vingt-cinq ans. Les primes de poste raccourcissent le délai, et se paient en nuits et en week-ends.

Dans « Ce que gagnent les métiers »

Toute la rubrique